R√ČORGANISATION : UN ORGANIGRAMME NE FAIT PAS TOUT !


ArianeGroup est dans une situation critique sur le spatial civil : report 1er vol Ariane 6 à 2022*, carnet de commandes en-deçà de l’attendu

Bien qu’en bonne santé la Défense ne compense pas

ArianeGroup traverse une passe difficile et essuie des pertes ; les années qui viennent ne s’annoncent pas meilleures

Pour la CFE-CGC, ArianeGroup souffre de plusieurs handicaps, dont :

  • LE CULOT ET L’AUDACE D’ELON MUSK : personne n’en croit un mot lorsqu’en mars 2006 celui qui fut patron de PayPal annonce /1/ son intention de se lancer dans le transport spatial et /2/ la mort prochaine de ses concurrents. Aujourd’hui SpaceX est la référence mondiale et son carnet de commandes est bien garni

 

  • LE DOGMATISME DE L’EUROPE : elle reste pétrie dans ses certitudes libérales en refusant de garantir un nombre minimal de vols sur Ariane à un prix garanti. Pendant ce temps les Etats-Unis biberonnent SpaceX à coups de lancements institutionnels à  200M€ pour faire du dumping sur les vols commerciaux à 45M€ ; ils veulent nous faire la peau sur les lancements commerciaux et compromettre notre autonomie d’accès à l’espace

 

  • LA COMPLEXITÉ D’ARIANEGROUP : nous sommes plus la juxtaposition des processus de nos trois sociétés d’origine qu’une société cohésive, dynamique et agile. Circonstance aggravante, le fait que la société soit détenue à 50/50 par Airbus et Safran conduit à une gouvernance qui manque de réactivité : il faut convaincre chacun des deux actionnaires pour chaque décision importante …

Le tout sur fond de contraction du marché des lancements de satellites commerciaux et de multiplication des acteurs.

Rester dans la course

La Direction est contrainte d’agir mais elle n’a pas tous les leviers :

  • Nous n’infléchirons pas la politique que les Etats-Unis mènent à notre encontre
  • Comment faire comprendre à Bruxelles, dont la volonté politique fait défaut, que la priorité est de favoriser l’industrie européenne ?

En revanche, la Direction dispose de tous les leviers relatifs au fonctionnement de la société. Sauf que, vu qu’elle semble bien partie pour reproduire ce qui a été fait pour « POM » ou « Agile » (avec le résultat qu’on connait !), la CFE-CGC émet des doutes :

  • Un changement d’organigramme ne signifie pas une amélioration de son organisation
  • La CFE-CGC demande que les processus et façons de faire soient remis à plat de manière cohérente et structurée : tant que nous ne changerons pas notre « logiciel », notre fonctionnement restera aussi lourd

Sortir de l’entre-soi

Les groupes de travail qui ont été annoncés en CSE Central sont composés de ceux qui nous dirigent actuellement ⇒ que va-t-il sortir de nouveau à part les préconisations du cabinet conseil qui ne connait la société qu’au travers du filtre de nos dirigeants ? …

Sur proposition de la CFE-CGC, la Direction a accepté de recevoir les organisations syndicales afin que chacune d’entre elles lui donne son retour d’expérience des quatre dernières années :

  • C’est mieux que rien mais cela reste insuffisant : la CFE-CGC demande que l’expérience et les difficultés quotidiennes des salariés sur le terrain soit écoutées et intégrés par les groupes de travail !
  • Il ne faudrait pas que cette nouvelle réorganisation, qui intervient à un moment critique pour notre avenir, passe à côté d’un projet d’entreprise construit et partagé avec les salariés.

16 NOVEMBRE 2020

* : prévision vol 1 Ariane 6 = « 2ème trimestre 2022 avec une incertitude de 3 mois » = peut aller jusqu’à fin septembre 2022